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Romain Kalbris

Romain Kalbris, de Hector Malot

frans-hals-092-wga-version.jpgLivre audio gratuit posté le 01 novembre 2011

Durée : 7 h 07 min | Genre : Romans | Lectrice : Leirisanne | Musique : Alexandr Fedorov, The Light World

" Le père du jeune Romain disparaît en mer, au cours du sauvetage d'un navire en perdition. La mère, peu fortunée, confie Romain aux bons soins d'un oncle, avoué. Ce dernier exploite l'enfant, le faisant beaucoup travailler pour une bien chiche nourriture. Romain s'enfuit, désireux de gagner la côte pour s'embarquer comme mousse et peut-être faire fortune.

" Ce fut le besoin d'aventures inné dans tous les Kalbris qui fit prendre à mon père un nouvel embarquement peu d'années après son mariage ; il eût pu commander comme second une des goélettes qui partent tous les ans au printemps pour la pêche d'Islande ; mais il était fait au service de l'État et il l'aimait. Je ne me rappelle pas son départ. Mes seuls souvenirs de cette époque se rapportent aux jours de tempête, aux nuits d'orage et aux heures que j'allais passer devant le bureau de poste. Combien de fois, la nuit, ma mère m'a-t-elle fait prier devant un cierge qu'elle allumait ! Pour nous, la tempête au Port-Dieu c'était la tempête partout, et le vent qui secouait notre maison nous semblait secouer en même temps le navire de mon père. Quelquefois il soufflait si fort, qu'il fallait se relever pour attacher les fenêtres, car notre maison était une maison de pauvres gens ; bien qu'elle fût abritée d'un côté par un éboulement de la falaise, et de l'autre, par un rouf qui avait autrefois été le salon d'un trois-mâts naufragé, elle résistait mal aux bourrasques d'équinoxe. Une nuit d'octobre, ma mère me réveilla : l'ouragan était terrible, le vent hurlait, la maison gémissait, et il entrait des rafales qui faisaient vaciller la flamme du cierge jusqu'à l'éteindre ; dans les moments d'apaisement, on entendait la bataille des vagues contre les galets, et, comme des détonations, les coups de mer dans les trous de la falaise. Malgré ce bruit formidable, je ne tardai pas à me rendormir à genoux : tout à coup la fenêtre fut arrachée de ses ferrures, jetée dans la chambre où elle se brisa en mille pièces, et il sembla que j'étais enlevé dans un tourbillon. « Ah ! mon Dieu, s'écria ma mère, ton père est perdu ! "


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Date de dernière mise à jour : 07/11/2012